Cinéma Saint-Charles - Ingrandes                                                                        

 

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                   Affiche BENNI

1h 58min / Drame                                                  Avertissement 

De Nora Fingscheidt

Avec Helena Zengel, Albrecht Schuch, Gabriela Maria Schmeide

Nationalité allemand

Synopsis

Benni a neuf ans. Négligée par sa mère, elle est enfermée depuis sa petite enfance dans une violence qu'elle n'arrive plus à contenir. Prise en charge par les services sociaux, elle n'aspire pourtant qu'à être protégée et retrouver l'amour maternel qui lui manque tant. De foyer en foyer, son assistante sociale et Micha, un éducateur, tenteront tout pour calmer ses blessures et l'aider à trouver une place dans le monde.

Critique culture31.com  par Carine Trenteun

En interrogeant la norme et la normalité, la réalisatrice Nora Fingscheidt multiplie les réussites pour son premier long-métrage de fiction : elle ne juge jamais ses personnages, créant ainsi une empathie envers chacun, et elle évite l'opposition entre mauvaise mère et aide extérieure salvatrice. Le jeu tout en subtilité des acteurs et la justesse de l'écriture crédibilisent chaque personnage et rendent palpable la tension de ce drame sans complaisance ni angélisme. Helena Zengel incarne une Benni aussi impulsive que terriblement attachante, malgré les crises d'agressivité crûment montrées. Albrecht Schuch et Gabriela Maria Schmeide interprètent finement ces travailleurs sociaux bienveillants et faillibles, impliqués entièrement dans leur métier, véritable sacerdoce. Dans cette situation insoluble, la frustration sourd : quelles limites sont-ils prêts à franchir pour secourir Benni ?
 Affiche Black is Beltza

1h 28min / Animation, Aventure                              Avertissement

De Fermin Muguruza

Avec Unax Ugalde, Isaach de Bankolé, Iseo

Nationalité espagnol

Synopsis

Octobre 1965, New York. Les traditionnels géants des Fêtes de Pampelune sont invités à défiler sur la 5ème avenue. Mais les autorités américaines interdisent la participation des deux géants noirs dans le contexte de la ségrégation raciale. C’en est trop pour Manex qui, fidèle à ses convictions et son tempérament rebelle, fausse compagnie à ses collègues. Il part à la découverte du New York de la lutte pour les droits civiques et de la contre-culture. Il est alors loin de s’imaginer que c’est le début pour lui d’un périple loin de son Pays Basque natal, entre Cuba et Mexico, en passant par Alger et Montréal. Il y croisera des militants de tous bords, des agents de la CIA, des femmes passionnées et révolutionnaires… Entre voyage initiatique et odyssée libertaire, Manex traverse le monde en ébullition de cette fin des années 60, celui de la Guerre Froide et des mouvements de libération des peuples.

Critique

Le cinéma d'animation a cette particularité tout simplement fantastique de pouvoir tout faire, de pouvoir parler de tout, d'oser tout, visuellement, thématiquement et même esthétiquement tant les limites ne sont délimités que par l'imaginaire de ses têtes pensantes. Quoi de plus passionnant alors, de voir un film animé qui se libère volontairement du carcan faussement enfantin qu'on lui colle assez souvent sur le dos, pour mieux se mouvoir d'une vertu didactique importante en traitant d'un sujet majeur de l'humanité : la bouillante lutte des droits civiques et contre le racisme, encore cruellement d'actualité.
Chanteur engagé se faisant désormais cinéaste, l'espagnol Fermín Muguruza laisse de côté les paroles fortes pour les images qui le sont tout autant, et croque avec Black is Beltza - adaptée du roman graphique éponyme qu'il a lui-même signé - une oeuvre certes infiniment maladroite, mais d'une sincérité et d'une énergie enthousiasmante.

Affiche Une grande fille 

2h 17min / Drame, Guerre

De Kantemir Balagov

Avec Viktoria Miroshnichenko, Vasilisa Perelygina, Andrey Bykov

Nationalité russe

Synopsis

1945. La Deuxième Guerre mondiale a ravagé Léningrad. Au sein de ces ruines, deux jeunes femmes, Iya et Masha, tentent de se reconstruire et de donner un sens à leur vie.

Critique Télérama par Samuel Douhaire Ces portraits de femmes blessées ne seraient pas aussi admirables sans les personnages secondaires que le réalisateur parvient à faire exister en quelques scènes inoubliables.

Affiche Filles de joie 

1h 31min / Drame

De Frédéric Fonteyne, Anne Paulicevich

Avec Sara Forestier, Noémie Lvovsky, Annabelle Lengronne

Nationalités belge, français

Synopsis

Axelle, Dominique et Conso partagent un secret. Elles mènent une double vie. Elles se retrouvent tous les matins sur le parking de la cité pour prendre la route et aller travailler de l’autre côté de la frontière. Là, elles deviennent Athéna, Circé et Héra dans une maison close. Filles de joie, héroïnes du quotidien, chacune se bat pour sa famille, pour garder sa dignité. Mais quand la vie de l’une est en danger, elles s’unissent pour faire face à l’adversité.

Critique

Il est de ces fictions nécessaires tant elles témoignent d’une réalité et illuminent soudain des personnages rares, qui suivent leur chemin en marge de la société. Filles de Joie est de celles-là. Sans misérabilisme, avec des protagonistessolides, charismatiques, Frédéric Fonteyne et Anne Paulicevich nous racontent trois jeunes femmes qui dans leur vie quotidienne se prostituent. Il aura fallu attendre l’ère de MeToo pour voir un sujet tel que celui-ci traité en fiction au cinéma, autrement qu’il aurait pu l’être auparavant en documentaire, et les cinéastes s’en sortent haut la main.
Affiche Deux 

1h 35min / Drame, Comédie

De Filippo Meneghetti

Avec Barbara Sukowa, Martine Chevallier, Léa Drucker

Nationalités luxembourgeois, belge

Synopsis

Nina et Madeleine sont profondément amoureuses l’une de l’autre. Aux yeux de tous, elles ne sont que de simples voisines vivant au dernier étage de leur immeuble. Au quotidien, elles vont et viennent entre leurs deux appartements et partagent leurs vies ensemble. Personne ne les connaît vraiment, pas même Anne, la fille attentionnée de Madeleine. Jusqu’au jour où un événement tragique fait tout basculer…

Critique Les Fiches du Cinéma  par Keiko Masuda

Un mélodrame tout en délicatesse sur une histoire d’amour entre deux femmes, leur relation à la famille et à la maladie. Portée par ses actrices, un scénario travaillé et une mise en scène inspirée, cette œuvre saura à coup sûr toucher son public.

Affiche Comme si de rien netait 

1h 30min / Drame                                         Avertissement

De Eva Trobisch

Avec Aenne Schwarz, Andreas Döhler, Hans Löw

Nationalité allemand

Synopsis

Janne est une femme moderne, éduquée, rationnelle, une femme qui réclame le droit d’être qui elle veut. Lors d'une réunion entre anciens camarades sa vie bascule. Mais elle va persister à faire semblant que tout va bien, refuser de se considérer comme une victime et de perdre le contrôle… jusqu’à quand ?

Critique Marianne par Olivier De Bruyn

Réfractaire aux surenchères pseudo-spectaculaires, ennemie jurée des explications rassurantes et des dénonciations binaires (la cinéaste ne surfe sur aucun opportunisme post-#MeToo), ce film subtil et dérangeant sonde les zones d'ombre et les contradictions d'une héroïne ambiguë, prisonnière de ses silences, de son orgueil, et complice sans s'en apercevoir d'une domination masculine [...].

Affiche Martin Eden 

2h 08min / Drame

De Pietro Marcello

Avec Luca Marinelli, Jessica Cressy, Carlo Cecchi

Nationalités italien

Synopsis

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines

Critique Les Inrockuptibles  par Jean-Baptiste Morain

Le charme ne se rompt jamais, entraînant le spectateur dans une danse poétique qui ne trahit rien du message politique de London. Enfin, Luca Marinelli, belle présence virile, déjà vu dans "Mauvaise Graine" de Claudio Caligari (2015), est absolument parfait dans le rôle de Martin.

 Affiche Rocks

1h 33min / Drame

De Sarah Gavron

Avec Bukky Bakray, Kosar Ali, D'angelou Osei Kissiedu

Nationalité britannique

Synopsis

Rocks, 15 ans, vit à Londres avec sa mère et son petit frère. Quand du jour au lendemain leur mère disparait, une nouvelle vie s’organise avec l’aide de ses meilleures amies. Rocks va devoir tout mettre en oeuvre pour échapper aux services sociaux.

Critique par Pierre LARVOL

Une poignée d'années après Les Suffragettes, la réalisatrice britannique Sarah Gavron revient derrière la caméra avec une oeuvre pleine d'énergie et de sensibilité : Rocks. Le touchant portrait d'une adolescente en proie à un douloureux dilemme. Face aux difficultés de Rocks, la solidarité d'un groupe de jeunes filles dans l'est de Londres. Un cinéma sincère et réaliste qui n'est pas sans rappeler celui de Céline Sciamma. Pertinent, capable de naviguer avec intelligence entre drame et légèreté, Rocks sonne terriblement juste. Une fidélité que l'on doit au procédé d'écriture du film, écrit à plusieurs mains : plus que celles des scénaristes Theresa Ikoko et Claire Wilson, ce sont les premières intéressées qui ont contribuées à la construction de leurs personnages. Une forme de vérité transcende ainsi les rapports, donnant à l'œuvre de Sarah Gavron une grande exactitude au monde adolescent qu'elle dépeint. 

Lucide, dramatique sans tomber dans l'exagération, Rocks s'inscrit parfaitement dans le cinéma réaliste social britannique. Le dernier film de la réalisatrice Sarah Gavron capte l'âge adolescent et ses préoccupations avec un naturel épatant. Laissant exister et s'exprimer ses personnages, l'œuvre brille notamment d'un lien : celui presque charnel qui réside entre le récit et ses brillantes interprètes. 

Affiche Her Job 

1h 30min / Drame

De Nikos Labôt

Avec Marisha Triantafyllidou, Dimitris Imellos, Konstantinos Gogoulos

Nationalités grec, français, serbe

Synopsis

Athènes, de nos jours, Panayiota, est une femme au foyer, complètement dévouée à son mari et à leurs deux enfants. Elle est peu allée à l’école, ne sait pas lire, a quitté  la demeure familiale pour le domicile conjugal, passant d'une domination à une autre. Crise oblige Panayiota, pour la première fois de sa vie, doit travailler ailleurs qu’à la maison et se risquer ainsi à l'autorité et la subordination, mais aussi l’amitié, la lutte et le goût de la liberté.

Critique L'Express par Christophe Carrière

L'émancipation, ça n'a pas de prix. Si ce n'était un excès de maniérisme ici et là, à jouer sur un flou artistique ou quelques gros plans complaisants, ce film serait impeccable. Il n'en demeure pas moins essentiel et pertinent, hymne bienvenu à l'indépendance féminine au sein d'un monde encore tristement machiste.